D’un pays à l’autre

Cette année ce sont les 150 ans du Canada et les 375 ans de Montréal. Des anniversaires à souhaiter pour ce pays que j’ai choisi… Une immigration qui m’amène à repenser aux raisons qui m’ont poussé à venir ici, à y rester et sur le cheminement personnel que soulève une telle démarche.

Ce n’est pas si simple parfois. Je suis heureuse et je n’ai aucuns regrets mais ce choix m’amène à réfléchir. Je me rendre compte que mon sentiment d’appartenance n’est pas figé à un lieu ou un pays mais plutôt aux gens, aux liens tissés, aux émotions vécues, à l’histoire construite. J’entends par là que je me sens appartenir au monde et pas seulement à ces 2 pays que sont le Canada et la France. Certes j’ai un attachement plus particulier avec eux car mon histoire s’est construite ici et là bas, parce qu’elle s’est construite avec des gens, ici et là-bas. Mon cœur me porte vers ses liens d’attachement créés au fils des années, peu importe le lieu. Je me sens chez eux comme chez moi et j’espère que ce sentiment est réciproque. Si on me demande d’où je viens, je répondrais du Canada mais mes origines viennent de France. Mon chez moi se situe au milieu des 2, entre mon passé et mon présent avec un futur qui se construit au gré du vent. J’investis ma vie ici et je la savoure. Mais mon histoire a commencé en France et je ne peux renier ce qui me liera toujours à ce pays qui m’a vu grandir durant 30 ans. J’y aurais toujours des amis, de la famille que j’aime. Ici c’est le pays que j’ai choisi, où ma fille est née, où je construis de nouveaux projets, où mon moi s’épanouit en toute liberté et où les horizons sont vastes et lointains.

Cette immigration a mis en relief des liens et des émotions que rien d’autre n’auraient pu me révéler aussi clairement. C’est nouveau et constructif mais aussi déroutant et émotif. L’immigration c’est un vrai parcours personnel qui met du temps. Cela demande de l’adaptation et remue beaucoup de nos valeurs, de nos idéaux et de notre histoire personnelle. C’est un vrai cheminement en profondeur. Et ma nouvelle maternité n’a fait que renforcé et accentué cette évolution psychologique au final. Alors je sais que ce n’est pas simple pour mon entourage de le comprendre et de le vivre, qu’il soit de ce côté-ci de l’atlantique ou de l’autre. Assise dans le Square Victoria à boire un thé au soleil, je me rends compte que l’empathie, la patience et le respect sont des valeurs fondamentales pour se construire en confiance et en sérénité, dans la relation à l’autre. C’est ce qu’est le véritable amour et c’est ce dont on a tous besoin. Je parle de cet amour universel envers l’être humain et pas seulement celui qui nous lie à nos proches. Oui je deviens spirituel mais m’arrêter un peu et laisser vagabonder mon esprit, me fait me rendre compte de tout ça.

Je suis en éternel chamboulement intérieur depuis que je suis arrivée ici. Mon immigration, ma rencontre avec le père de ma fille, mes questionnements professionnels, ma maternité sont tellement de choses qui pris un par un sont déjà des bouleversements dans une vie mais mis bout à bout c’est une vraie tornade qu’il faut apprivoiser chaque jour, s’adapter et construire de nouveaux repères. Alors je vais un pas après l’autre essayant au passage d’expliquer à mon entourage mes décisions, comportements qui déroutent certain, en enragent d’autres mais surtout qui ne les laissent pas indifférents. Cela amène souvent à être confrontée ou à confronter et ce n’est pas toujours simple. Mais l’aventure en vaut le coup. Je crois que je ne me suis jamais sentie aussi riche que depuis mon départ de France. D’une part parce qu’ici j’y apprends plein de choses sur moi, les autres, le monde mais aussi parce que cela met en relief mes expériences précédentes. Elles deviennent plus uniques qu’elles ne me paraissaient en étant en France. Je me sens plus unique, plus singulière quand je vois le chemin parcouru et ce que je dessine petit à petit. Comme-ci quitter mon nid familial et amical m’avait permis de vraiment me définir individuellement et pas seulement dans les yeux des gens que j’aime. Alors oui l’immigration n’est pas un chemin de tout repos parfois, surtout à la lumière de circonstances plus douloureuses pour certains, mais c’est une vraie richesse si on la regarde d’un œil créatif et naïf.

Voilà cette année ça fait 4 ans que je suis ici et si tout se passe bien d’ici 3 ans je serais citoyenne canadienne. Je serais alors comme ma fille une franco-canadienne, officiellement reconnue comme faisant partie intégrante de ces 2 pays que j’affectionne. Et d’ici 1 an ou 2 ans j’irais montré cette autre partie de moi à ma fille, cette autre partie qu’elle va ressentir et vivre à travers moi au quotidien, cette autre partie qui fera toujours partie de son histoire et d’elle-même peut-être un jour. Une nouvelle étape dans mon immigration mais surtout dans ma vie de mère…

Let’s go on the adventure !

 

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